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Archive pour la catégorie 'Tribunes libres'

Laïcité positive ?

 

Louis Pourrain, La Teste-de-Buch (33)

Clemenceau, alors directeur de journal, avait rédigé une note de service à l’attention de ses journalistes. En substance, cette note disait : une phrase comporte un sujet, un verbe, un complément, celui qui utilise un adjectif passera à mon bureau, celui qui utilise un adverbe passera à la caisse pour recevoir son solde de tout compte.

Pourquoi affubler le substantif laïcité d’un tel adjectif ? Est-ce par stratégie pour en user le sens et opérer un glissement sémantique ? Ou bien, est-ce par incapacité à surmonter le défaut de la culture judéo-chrétienne ? Défaut qui consiste à privilégier la recherche des fautes, donc d’un bouc émissaire, au détriment de la recherche des causes.

La laïcité républicaine, que j’ai apprise à la communale comme l’on disait à l’époque, repose sur les actions suivantes :

·        Respecter l’autre

·        Essayer, sans à priori ni dogme, de comprendre le monde dans et sur lequel nous vivons.

·        Séparer le pouvoir politique du pouvoir religieux. Le pouvoir politique concerne les règles du savoir vivre ensemble et en harmonie avec son environnement, il relève de la sphère publique. Le pouvoir religieux concerne les convictions personnelles, il relève de la propriété privée.

L’instituteur ne peut pas remplacer le prêtre, il a pour mission de mettre en appétit de connaître le monde dans toutes ses dimensions, il doit mettre le citoyen sur les rails de l’acquisition des méthodes et moyens nécessaires à l’élaboration d’une opinion indépendante d’un prêt à penser. La religion est utile lorsqu’elle aide des personnes dans la vie, mais, lorsqu’utilisée par certains, elle peut devenir un traitement très dangereux. Depuis des millénaires les religions se sont facilement transformées en outil pour conquérir le pouvoir temporel.

15 septembre 2008 - Lire la suite Tags: none

Europe: quelle indépendance?

André THEAU,  Dompierre-sur-mer (17)

 L’UE peut-elle prétendre à son indépendance tant que ses dirigeants de s’offusqueront pas de l’existence de bases militaires étrangères sur son sol et du fait que ses armées soient sous le commandement des Etats-Unis par le biais de l’OTAN ? Comment une grande entité territoriale dotée d’un parlement, d’une constitution et de multiples instances souvent sourcilleuses peut-elle accepter que le président américain, se conduisant comme s’il était en pays conquis, décide, de son propre chef, l’installation de bases militaires à proximité des frontières russes équipées de missiles pointés sur un pays européen qui a tourné la page du communisme pour rejoindre le camp des démocraties libérales ? Ce faisant peut-on assister à la naissance d’un nationalisme unificateur du grand pays que voudrait être l’Europe ? La réponse est non. Le pire est que la vassalité au suzerain d’outre-Atlantique est pérennisée par le texte d’une constitution européenne, misérablement votée par le parlement français pour ne pas encourir le verdict d’un referendum populaire.

 

12 septembre 2008 - Lire la suite Tags: none

Du rôle de la France comme grande puissance

Alain MARCADE,  Pau (64)

 

La France selon Monsieur Sarkozy assume son « statut  de grande puissance » en intervenant militairement et en se maintenant en Afghanistan pour lutter contre le terrorisme et sa menace planétaire.

Quelle est alors cette grande puissance dont : les caisses de l’Etat sont vides, l’endettement énorme, dont les chômeurs se comptent en millions, les précaires, les mal logés, les SDF, les assistés toujours plus nombreux, le trou de la Sécurité sociale encore plus profond ?

Une grande puissance n’est-ce pas celle qui d’abord est capable de résoudre ses difficultés et problèmes intérieurs pour assurer un mieux être à sa population, avant de vouloir et pouvoir intervenir et jouer à tout prix les arbitres et les grands sur la scène internationale ?

12 septembre 2008 - Lire la suite Tags: none

Le nouvel ordre public

Stéphane ARLEN, Prigonrieux (24)

 
Chaque jour depuis un peu plus d’un an, Nicolas Sarkozy, comme il l’avait promis, a tout fait pour changer la société. Malheureusement, alors que de nombreux Français naïfs ont voté pour lui en espérant un changement en mieux (plus de libertés, des richesses mieux réparties, etc.), force est de constater que son bilan est une catastrophe pour la République que les citoyens ont eu l’imprudence de lui confier.

 

La Constitution du pays dont Nicolas Sarkozy a reçu la charge déclare dans son Article Premier : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. » Après un an de « sarkozysme », voyons ce qu’il en reste :

- La République française semble toujours indivisible, mais une course en avant vers plus de décentralisation et une plus grande autonomie des universités promettent un pays éclaté par la régionalisation des lois, des réglementations, des formations universitaires, etc.

- La République française n’est évidemment plus laïque : tout a été entrepris, tout a été dit pour bien faire comprendre aux Français que la religion était remise au goût du jour par le sommet de l’État.

Nicolas Sarkozy a ostensiblement montré son mépris pour les humanistes laïques, comme il est allé à Latran, à Riyad ou au dîner du Crif manifester un aberrant respect pour l’idée de Dieu et celle de la supériorité du prêtre sur le professeur dans la transmission des valeurs. Tout le gouvernement multiplie, presque chaque jour, une évidente volonté de casser la laïcité française, en assistant qui à une messe, qui à l’inauguration d’un lieu de culte, qui à la béatification d’une religieuse ou d’un prêtre.

- La République française n’est plus démocratique. Nicolas Sarkozy a menti aux Français concernant le traité constitutionnel européen : en faisant ratifier par le Parlement un texte en tous points identique au traité que le peuple avait rejeté en 2005, le Président a délibérément signé la fin de la démocratie en France. À cela s’ajoutent de nombreux faits prouvant que la démocratie régresse en France alors qu’on cherche à en promouvoir l’idée jusqu’en Afghanistan : certains médias importants comme TF1 ou Le Figaro sont devenus de nouvelles Pravda ; Sarkozy a sciemment décidé de priver le service public de revenus publicitaires pour mieux le conduire à sa disparition ; il a décidé de nommer lui-même le président des chaînes publiques ; dans un autre registre, n’oublions pas l’affaire Tapie, où l’État a choisi un arbitrage quand la justice lui aurait sans doute permis d’éviter de débourser des centaines de millions d’euros ; nous n’oublierons pas non plus le fait que lors du défilé de la flamme olympique, ce sont les policiers chinois qui avaient tout pouvoir sur le sol français ; nous nous souviendrons longtemps également que c’est au Royaume-Uni que Nicolas Sarkozy a annoncé l’envoi de militaires français supplémentaires en Afghanistan, sans aucun débat préalable à l’Assemblée Nationale. Bien d’autres événements viennent nous confirmer que la démocratie à la Sarkozy n’est pas la démocratie telle qu’on la connaissait, et que la France ressemblera très vite, si Sarkozy reste au pouvoir, aux États-Unis avec leur Patriot Act et leur Guantanamo délocalisé.

- J’ose à peine le dire, tant cela est évident : la République française n’est plus (depuis longtemps ?) sociale, et Sarkozy amplifie chaque jour le mouvement. Pour gagner plus, avant, on pouvait espérer une augmentation de salaire ; maintenant, il n’y a plus qu’un seul moyen : travailler plus, quitte à ne plus avoir de vie de famille.

Pour se déplacer quand l’essence augmente, on nous suggère de prendre le vélo. Pour aider les malades, on fait payer… les malades par le biais des franchises médicales. Pour aider les entreprises, on leur offre le RSA, financé par les contribuables… enfin, pas tous les contribuables : pas les plus riches pour lesquels on a pris le soin de créer, à peine arrivé en fonction, un bouclier fiscal à toute épreuve.

 

Le peuple français a confié, imprudemment, une République indivisible, laïque, démocratique et sociale, à un homme qui se fout de tout cela, pour qui son « job » de président n’est qu’une mention sur la carte de visite qui lui permettra de gagner plus d’argent plus tard.

 

Alors maintenant, vu que les Français ont commencé à se réveiller, on nous promet un nouveau Big Brother : le fichier Edvige, qui permettra de surveiller dès 13 ans (et sans doute même avant, vu que Sarkozy considère que tout est génétique) toutes les personnes « susceptibles de troubler l’ordre public », que ce soit par leur engagement politique, syndical ou associatif, ou seulement par leur sexualité ou leur état de santé.

 

Mais où allons-nous ? Où s’arrêteront-ils ? Va-t-on se laisser faire sans rien dire, ou doit-on se révolter contre les dérives de ce gouvernement ? (J’appelle cela « dérives », mais c’est en réalité un choix de société médité depuis longtemps, une remise en cause systématique des avancées sociales devant conduire à un retour au XIXe siècle où une minorité de riches avait tout pouvoir sur une masse laborieuse contrôlée par la religion et la police).

 

L’Article 35 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de

1793 stipule que « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. »

 
Alors, oui, je te le dis, Edvige, alors oui, je te le dis, Nicolas : retiens bien mon nom, parce que je suis susceptible de troubler le nouvel ordre public anti-laïque, antidémocratique et antisocial que tu cherches à imposer.

11 septembre 2008 - Lire la suite Tags: none

Que l’ONU fasse son travail

Max CAPDEVILLE, AMOU (40)

 Nos légionnaires et nos marsouins sont des braves, de remarquables soldats professionnels. Il est aberrant d’entendre des commentaires visant à essayer de faire porter la responsabilité de nos morts au seul commandement de l’armée, à une erreur de choix tactique ou opérationnel. L’armée seule sait, elle serre les rangs, elle se tait, elle honorera ses morts bien longtemps après l’extinction de ce feu médiatique nauséabond. Elle garde la mémoire. Le problème que tout le monde devrait se poser et que tout citoyen devrait poser à son député afin que celui-ci interpelle le gouvernement est celui du bien-fondé de l’envoi de nos troupes sur théâtre d’opérations extérieures, fusse sous mandat onusien. Deux cancers gangrènent le monde induisant la mort de nombreux soldats portant le casque bleu. Le conflit israélo-palestinien et la politique hégémonique agressive menée tous azimuts par les Etats-Unis des années Bush. La lutte contre le terrorisme et l’obscurantisme a bon dos. Tout le monde connaît les formidables enjeux de notre siècle qui sont ceux de la maîtrise des réserves énergétiques et de l’approvisionnement en eau. Trois choses peuvent sauver le monde de son instabilité, de son chaos, ainsi  que la vie de nos soldats : La mise en place d’un Etat palestinien en garantissant la pérennité d’Israël. Celle d’une commission d’enquête indépendante qui fera toute la lumière sur les attentats du 11 septembre et sur la réalité des menaces terroristes. Que l’ONU fasse enfin véritablement son travail, soit véritablement efficace, mais il faudra auparavant en modifier ses statuts en ôtant le droit de veto à ses cinq membres permanents.

 

5 septembre 2008 - Lire la suite Tags: none

Petite chronique de la longue marche

Pierre Leteneur d’ Ustaritz (64)

Elle n’aura pas fait de l’ombre à la convention démocrate de Denver terminée jeudi en apothéose : l’université d’été du Parti socialiste (en marche lui aussi vers la reconquête du pouvoir) a ouvert ses portes vendredi. Programmée sur trois jours afin que les ténors puissent, au choix et selon leur humeur : 1. se rencontrer, 2. se croiser en s’évitant, 3. ne pas risquer de se croiser.

En fait, dans les restaurants et les ateliers, ils se seront exposés, imposés ou opposés, devant des militants parfois déroutés par une gesticulation qui requiert l’exégèse des spécialistes. On retiendra que si François fait la bise à Ségolène, c’est moins une réconciliation qu’un geste destiné à compenser les compliments faits à Bertrand, neutralité oblige. Ségolène et Martine ? On reproche à la première son initiative personnelle vers Bayrou pour le second tour, on murmure que la seconde aurait voté pour ce dernier au premier (vous me suivez ?). Le week-end terminé, combien resteront-ils à briguer le poste de premier secrétaire ? Et qui va casser la baraque ? Vivement le sacre de Reims !

3 septembre 2008 - Lire la suite Tags: none

Reflexions afghanes

L aurent Laloge , 64 Biarritz

Rentré d’Afghanistan il y a quelques jours , avant le drame de l’embuscade ,j’ai écouté avec intérêt tout ce qui se disait sur le pays ,sur son devenir ,les raisons de notre soutien  ,le sens de la présence militaire .Est ce le vrai débat ? les Talibans ne sont pas des soldats mais des combattants vivant parmi la population, mobiles, insaisissables sauf à de rares occasions. Les Talibans afghans sont frères des talibans pakistanais qui font également parti de notre problème.

Ils sont nos ennemis,les ennemis de tous ceux qui ne sont pas musulmans et ceux des musulmans qui ne partagent pas leur vision . Je voudrai vous faire part de mes réflexions personnelles ,acquises sur le terrain de Maïmana à Faizabad ,Pul-I-Kumbri , Nahrin ,acquises au contacts d’amis de longue dates (1998 ): Patchtoun ,Azaras,Tadjiks , Usbecks .Notre ennemi n’est pas seulement celui qui est actuellement armé et aidé par des « spécialistes » venus de Somalie ou d’Irak et financé par la drogue mais c’est aussi tous les futurs combattants ,tous ces jeunes qui vont faire acte de volontariat pour des attentats suicides ,toutes ces familles qui couvrent ces terroristes, cette « perversion de la religion « qui progresse parmi les populations en raison des difficultés économiques et morales présentes Le danger est que tous ces musulmans deviennent des « talibans »..

Aussi  le vrai combat est là : donner aux gens une  raison de vivre un Islam tolérant et respectueux des autres religions … Qui  peut faire cela ? Nos frères musulmans, ceux qui lisent et vivent le Coran dans ce qu’il a de plus spirituel ,de plus humain. Les héritiers d’Averoes ou , d’Omar Kayoum . L’Afghanistan est un haut lieu du soufisme et cela reste un espoir . C’est le monde musulman entier qui est impliqué par les actions terribles de ces intégristes qui veulent convertir le monde à la Charia et à la haine..Ce serait donc aux musulmans eux mêmes d’offrir une autre vision de leur religion en s’engageant auprès des afghans pour un monde meilleur ,moderne,  ouvert. Si cela n’est pas fait, il y a de fortes probabilités pour que le monde libre à majorité occidentale arrive à confondre musulmans , talibans et terroristes. Cela pourrait engendrer une ignoble guerre mondiale si nous ne voulons pas être colonisés.

L’ISAF et l’OTAN ne seront pas suffisantes pour contenir cette gangrène .Nos armées ne sont pas de taille à vaincre une idéologie religieuse dans ce pays qui est un casse tête pour les spécialistes du renseignement .Nos  servent juste à contenir la contagion dans une aire géographique limité mais en sachant qu’ils n’ont aucune capacité à l’éradiquer et que le combat fera encore de nombreux morts dans notre camp..Ils sont des gardes fous qui protègent, avec un rendement limité, l’apprentissage au pouvoir du

gouvernement Karzaï (Armée ,Police )mais aussi protègent les scolarité ,les formations ,les grands travaux. Dix à 15 ans seront nécessaire pour que l’Afghanistan devienne un état moderne, démocratique et suffisamment fort pour ne pas rester une pépinière  favorable à l’intégrisme. Et cela , à condition que l’on propose aux populations un autre chemin  de vivre leur religion .

Le vrai combat est actuellement sur le plan civil. Sa forme est multiforme : c’est  l’augmentation des salaires des fonctionnaires et agents du gouvernement actuellement sous payés:Le chef de la Police touche un salaire de1000 dollars. Un policier du rang 70 dollars. Un capitaine 200 dollars et un ingénieur de l’ordre de 400 à 600 .Cela rend  la corruption obligatoire car la vie en Afghanistan est chère et les sécheresses passées, laissant les paysans sans ressource ont favorisé le retour de la culture du pavot, infiniment plus lucrative.

Le loyer d’une maison à Kabul est de 2000 dollars ! Hors de portée de la population locale …et d’un travail honnête.Le sac de riz est à 150 dollars.

Il faut former des ingénieurs et des professeurs et il faut faire en sorte que ces Afghans soient fiers de leur pays  et qu’ils aient la volonté d’y exercer leur métier et d’y vivre dans la paix..

Ne nous leurrons pas .L’Asie Centrale est un volcan et sa lave pourrait directement nous menacer à Paris.si nous sommes négligents ou lâches..

3 septembre 2008 - Lire la suite Tags: none

Deux poids, deux mesures

Thierry Proust, Architecte, Ronce-les-Bains (17)

Au Verdon-sur-Mer, le débat est toujours vif entre deux nécessités, celle du développement économique et celle de la protection de l’environnement, grand écart incontournable de notre tout jeune XXI° siècle,
La démarche du récent et très consensuel “Développement Durable” tente bien d’arbitrer , autant que faire se peut, cette quadrature du cercle, mais il n’a pas la tâche facile…
Tout a déjà été dit ou presque sur ce projet industriel de stockage de gaz, sauf peut-être que “4 Gas” pourrait s’écrire “4 GaZ”, avec un Z comme ZNIEFF* ou comme ZICO*, le site d’implantation du projet étant concerné en partie par une ZNIEFF dite “Estuaire de la Gironde” et une Z.I.C.O. dite “Marais du Nord du Médoc”.
Sans parler de la Loi Littoral…
Et sans parler des risques de submersion marine qui figurent dans le P.P.R.N.* local…
Alors, quand le 12 juillet dernier, on apprend qu’une première demande de permis de construire a quand même été déposée, on croit rêver !
En presqu’île d’Arvert*, les pouvoirs publics sortent le carton jaune dés lors qu’un nouveau plan local d’urbanisme, dans ses projets de développement de zones constructibles, n’est pas strictement conforme à ce type de classement environnemental , alors que de l’autre côté de l’estuaire, un projet industriel pourrait s’affranchir de ces mêmes servitudes ?
Difficile d’ envisager une telle inégalité de traitement. Quoique…

ZNIEFF*
Zones naturelles d’intérêt écologique, faunistique et floristique
ZICO*
Zone importante pour la conservation des oiseaux
PPRN*
Plan de prévention des risques naturels
Presqu’île d’Arvert*
Une dizaine de commune, dont Royan, les Mathes-la Palmyre ou la Tremblade, forment la “Presqu’île d’Arvert”, entre la Gironde au sud, l’Océan à l’ouest, le bassin de Marennes Oléron et le fleuve Seudre au nord.


1 septembre 2008 - Lire la suite Tags: none

Les risques du métier

HENRI MONNIER, Vendays-Montalivet (33)

            Mme Betancourt a été libérée après plus de six ans de captivité dans la jungle. C’est un heureux dénouement pour elle et ses enfants. Peu importe que les modalités de sa libération soient entourées de doutes quant aux tractations supposées, aux marchandages, rançon ou pas rançon ? Ce sont là des détails subalternes, comme aurait dit le général de Gaulle. L’essentiel est qu’elle soit libre et en bonne santé. A sa descente d’avion à Bogota, les premières paroles d’Ingrid Betancourt ont été : « Je remercie Dieu et la Sainte Vierge. » Si Ségolène Royal a contesté toute implication du président Sarkozy dans cette libération, en revanche elle n’a pas écarté la possibilité d’une « intervention divine ». Ainsi même pour une socialiste haut de gamme, la défense de la laïcité a ses limites…

            Les médias ont idéalisé le personnage d’Ingrid Betancourt qui est devenue « l’otage symbole ». Or elle n’est pas un otage lambda, une victime innocente qui se trouvait au mauvais endroit et au mauvais moment. Quand elle a été enlevée par les Farc, elle menait un dur combat politique et était candidate à l’élection présidentielle en Colombie. Elle connaissait donc « les risques du métier ». Ces risques qui ont entraîné les assassinats de John Kennedy en 1963, de son frère Robert en 1968, du président égyptien Anouar el-Sadate en 1981, du premier ministre suédois Olof Palme en 1986, du premier ministre israélien Yitzhak Rabin en 1965… etc. Mme Betancourt « revient de loin » et nous en sommes tous heureux pour elle. Mais les avions de la République n’ont pas vocation à porter secours et assistance à tous ceux qui se lancent dans un dangereux combat politique. Notre flotte aérienne n’y suffirait pas.

17 juillet 2008 - Lire la suite Tags: none

Refus du jeu social élémentaire

Jean-Marie Baurens, Valence-sur-Baïse (32)

 Le Conseil d’État refuse officiellement le droit à une femme entièrement voilée de devenir française au motif que cela est une négation de la dignité de la femme. Bien vu ! Mais il y a un aspect premier dans cette affaire. En effet, si le voile recouvre entièrement le visage, comment peut-on identifier la citoyenne ? Dès lors, il y aurait les citoyens avançant à visage découvert dans un Contrat Social volontaire et librement consenti. Et puis il y aurait celles et ceux (qui sait après tout ?) qui jouiraient du privilège d’évoluer en société dans une tenue qui leur garantisse l’incognito ; comme durant cette brève période exceptionnelle de transgression qu’est le carnaval. Et puis, peut-on affirmer que ce n’est pas Ben Laden lui-même qui se cacherait derrière ce voile dissimulateur ?

Ainsi, si un demandeur étranger refuse l’obligation administrative de décliner une identité vérifiable à tout moment, c’est alors de la triche eu égard aux autres de ses « concitoyens ». Dans ce cas il y a rupture de l’égalité républicaine.

Celles et ceux qui sont admis en France auront la chance d’évoluer dans un pays où les hommes et les femmes naissent libres et égaux, sinon en fait du moins en droit. Notamment le droit d’évoluer à l’air libre, de jouir de leur autonomie physique, intellectuelle et morale, prélude à un monde libre. L’enfermement ne peut être une accession à la nationalité.

Au-delà du féminisme basique invoqué, le Conseil d’État aurait dû relever que cette burka imposée est avant tout « un refus du jeu social élémentaire, incompatible avec l’esprit de notre constitution, obstinément au service de la civilisation ».

17 juillet 2008 - Lire la suite Tags: none