Stéphane Lhomme, Saint-Macaire (33)
Le courrier de C Piron (SO du 15
juin) démontre de façon édifiante à quel point nos concitoyens sont victimes
d’accoutumance à la (sur)consommation d’énergie. Ce lecteur raille le transport
de marchandises par bateaux à voile et propose carrément des voitures à pédales
ou tirées par des baudets.
La vérité est que, peut-être bien
plus vite qu’on ne le pense, il faudra (re)venir à des techniques douces. C
Piron ne croyait pas si bien dire : les cargos-voiliers seront sous peu
incontournables. La “traction animale” revient au goût du jour. Quant aux
“voitures à pédales”, elle sont utilement remplacées par… des
vélos.
Les réserves de pétrole, gaz, charbon
et d’uranium (le combustible des réacteurs nucléaires) s’amenuisent. Dans
quelques dizaines d’années, il faudra vivre sans. D’ores et déjà, leur prix
s’envole.
Face à ces changements majeurs, il
faut faire preuve d’intelligence : consommer moins et vivre mieux, voilà un beau
programme. Vivre dans des maisons bioclimatiques est bien plus agréables - en
plus d’être écologique et économique - que dans des cubes surchauffés à
l’électricité nucléaire. Se déplacer en vélo, même s’il pleut parfois, et bien
plus agréable que perdre son temps dans les embouteillages, même si le trafic
est parfois fluide (de moins en moins souvent).
Bien sûr, ces changements ne peuvent
se faire en quelques jours : celui qui travaille à 20km de chez lui, et n’a pas
de ligne de train à sa disposition, doit encore prendre sa voiture. Mais il faut
au plus vite réorganiser la société humaine pour être prêts le moment venu.
Nos enfants pourraient finalement
avoir une vie plus agréable que la notre, à condition toutefois que nous ne leur
laissions pas une planète surchauffée et contaminée par de nouveaux
Tchernobyl.
F. DALBIEZ, Bordeaux (33)
Dans
votre courrier des lecteurs du 15 juin, vous publiez un courrier d’un Langonnais qui
écrit : « Nous savons désormais, grâce à un quasi-consensus scientifique,
que notre activité est responsable du
réchauffement climatique. »
Cette
affirmation totalement gratuite montre la remarquable récupération politique que
les Verts ont réussi à faire dans une bonne partie de la population française.
En
fait, les études scientifiques internationales portant sur les variations
climatiques des derniers millénaires grâce à l’étude de carottes de glace, et
même simplement à celle de l’histoire de notre humanité, montrent que notre
planète a connu bien d’autres périodes tant d’extrêmes chaleurs que de très
grands froids, notamment dues aux activités
volcaniques.
Si
l’activité humaine joue un rôle dans le réchauffement climatique actuel, il
pourrait être plutôt de 0,09% que des 90% tout à fait fantaisistes. Ce qui
n’empêche pas que toute économie d’énergie fossile quel qu’elle soit doit être
continué avec vigueur, mais sans illusions.
Jean Gratadour, 19, Meymac
M. Guillebaud qui n’a jamais
dégusté au cours de sa vie un fruit ou un légume importé en France par avion ou
cargo m’apprend que des yaourts débarquaient en France après un parcours de 15 000 km. Chers
yaourts…
Les gens du Kenya
cultiveront céréales et légumes à consommer sur place à
la
place des haricots verts exportés
dans les pays “riches” il reste à savoir avec quels fonds ils pourront alors se
procurer dans ces pays les équipements dont ils ont urgent besoin et qu’ils ne
sont pas à même de produire quant à nous adieu bananes, mangues, riz, cacao,
ananas etc.
Un progrès pour l’humanité
qui reviendra à la case départ… hommes des cavernes.
Dany Fressaix et Michèle Sabadie-Dupoy, La Teste (33)
Ecole publique ou école privée, c’est un choix tout à fait respectable qui appartient aux parents. L’école privée organise sa publicité pour étoffer ses effectifs, c’est légitime, cependant lorsque cette publicité argue de prétendues qualités qui singularisent ladite école ce n’est guère honnête.
Il s’agit ici de la Calandreta à La Teste, école privée sous contrat Education Nationale. Cela sous-entend, enseignants nommés par l’Education Nationale, et application des programmes d’enseignement. La parité avec l’école publique s’arrête là si l’on en croit l’article paru dans Sud -Ouest le 3 juin. Une description qui nous interpelle :
• Deux enseignantes dans cette école qui accueille 14 enfants de maternelle, alors que le couperet de la carte scolaire supprimant un poste d’enseignant dans une école maternelle de la circonscription fait remonter les effectifs à 30 bambins par classe !
• Des principes pédagogiques, l’école publique sait aussi en proposer, mais les attaques lancées par le Ministère à propos des résultats scolaires cette année laissent pressentir une toute autre approche, que beaucoup redoutent (il suffit de lire certains blogs pour s’apercevoir que les craintes sont fondées).
• Enfin succès du bilinguisme, c’est peut-être vrai et l’Education Nationale l’a reconnu en inscrivant l’apprentissage d’une langue vivante dès le CE1, dans les programmes. Mais ce n’est malheureusement pas partout mis en place faute de moyens !
Alors non, on ne peut pas comparer ce qui n’est pas comparable, Calandreta dispose de moyens publics dont ne dispose pas l’école publique voisine .Et c’est en partie pour cela ,que des parents inscrivent là leurs petits de 2 ans ,que l’école maternelle publique voisine refuse faute de places. Nous savons qu’ils reviennent dès que possible dans son giron. Certes, il y a quelques parents qui choisissent la structure pour le bilinguisme, mais n’en déplaise à ses mentors, le gascon (aujourd’hui on parle d’occitan) est peu pratiqué dans la région et nous doutons qu’il le soit par toutes les personnes qui interviennent auprès des enfants (hors les enseignants bien sûr) .Oui, c’est une culture patrimoniale qu’il est important de conserver, mais pas à n’importe quel prix, et surtout pas en jouant sur l’incrédulité ou le désarroi des parents. Cultiver les particularismes est un exercice auquel se livrent les politiques (l’Assemblée nationale se saisit de nouveau du problème des langues régionales), mais cessons de prendre les enfants en otage, donnons leur les moyens d’apprendre sereinement, dans le cadre de l’école, en toute équité, les fondements d’un savoir, dans la langue officielle de la nation à laquelle ils appartiennent.
J . Fresacal - Castelmoron sur Lot, 47
Dans votre
édition du 22 mai 2008, vous preniez en exemple qu’un exploitant agricole, s’il
vendait une salade à la distribution, il retrouvait son produit à deux fois son
prix dans les étals. Cela m’interpelle, car habitant en Lot et Garonne, région
réputée pour sa production de fruits et légumes, nous nous apercevons que les
produits vendus par les producteurs locaux ont leurs prix indexés sur ceux des
GMS ou Primeurs divers.
Lorsque
nous allons faire nos achats à la ferme, les prix sont identiques, et là il n’y a
pas intermédiaires. Que les producteurs arrêtent de se moquer du consommateur, et
peut-être trouveront-ils une nouvelle clientèle?
Jacqueline Darrouzes, Lanton (33)
J’ai lu avec beaucoup d’attention, dans la chronique du courrier des
lecteurs, l’article de Mr Bernard Delpeuch, qui préconise, mieux que de faire
grève, que les pêcheurs répercutent la hausse du prix du carburant sur la vente
de leur pêche
Bravo Monsieur, vous avez trouvé là, la meilleure des solutions qu’il
soit!!! Ainsi les plus nantis dont vous devez faire parti, sans nul doute,
pourront acheter du poisson, et réserveront aux plus modestes,…les arêtes!
Bernard REMAUT, BAZAS, 33
” La réflexion menée par M. Prosper, dans le courrier
des lecteurs du 25 mai, me laisse, pour le moins, perplexe. Un calcul,
approximatif, l’amène à conclure qu’ayant travaillé pendant 40 ans, 45 semaines
par ans et 40 heures par semaine, un soucis d’équité devrait nous pousser à
accepter de cotiser durant 44,5 annuités avant de pouvoir prétendre à
bénéficier d’une retraite à taux plein. Surprenant raisonnement, ou plutôt, non
raisonnement… Il semble que la notion de progrès social lui échappe
totalement. En poussant plus loin cet exercice, 44,5 annuités me semblent
insuffisantes, mon père ( 85 ans) toujours en vie à travaillé depuis l’age de
14 ans jusqu’à l’age de 60 ans. Je vous fais grâce du calcul mais…”
LOUSTALET-SENS Gérard, 33, CENAC
Dans
« SOD » du 25
mai, Yves Harté
glose avec talent sur le libéralisme revendiqué par Bertrand Delanoë. Il s’agit
de libéralisme politique dont chacun sait bien qu’il n’est que le cache sexe
idéologique du libéralisme économique autrement appelé capitalisme. Dans le
même « SOD », on trouve un exemple frappant de libéralisme appliqué:
des médecins spécialistes pratiquant librement des tarifs exorbitants face à
une clientèle captive dont ils savent qu’elle devra bien avoir recours un jour
ou l’autre à leurs compétences… Des compétences acquises gratuitement dans des
Facs de médecine grâce à l’Etat qui, comme par hasard, est alors, pour nos
libéraux impénitents, le bienvenu. C’est la « loi » du marché selon
le dogme libéral du libre-échange lequel n’est qu’une imposture car l’échange
est toujours inégal.
En prétendant faire de la liberté
individuelle une entité réelle universellement partagée, le libéralisme
voudrait faire croire que chacun choisit librement et rationnellement d’être
chômeur ou PDG, SDF ou actionnaire. Et pour faire bonne mesure, on nous assure
que tout individu travaillant à son propre intérêt contribue à l’intérêt
général. Ce qui est bien commode. Jusqu’ à l’incommensurable médiocrité du
modèle anglo-saxon où la réussite sociale ne peut s’estimer que par une
confortable fortune en dollars… Ce qui fait de Rimbaud un minable et de
Einstein un raté.
Le capitalisme, système de production
ininterrompue de biens pour le seul objectif du profit, est en pleine
dégénérescence et met aujourd’hui en danger la planète elle-même. Ce ne sont
pas les pauvres cataplasmes de « l’économie sociale de marché »
-expression qui est un parfait oxymore- qui y changeront quelque chose. Comme
le remarque Jean-Claude Guillebaud dans le même numéro de « SOD »,
c’est au moment où ce système est sur le point de s’écrouler que les
socialistes s’y rallient officiellement. C’est peu dire que c’est consternant.
Guillaume ROUX, 24, COULOUNIEIX CHAMIERS
Je prends mes dix doigts et tape
sur mon clavier pour m’insurger du comportement de tout un monde de
football sur le cas ” Micoud”.
On est en train de faire le
procès d’un joueur exemplaire avec une carrière de 15 ans sans problème, un
joueur au talent connu et reconnu. Ces mêmes personnes qui le
“ salissent “ aujourd’hui sont les mêmes qui l’encensaient
hier quand il marquait un but magnifique ou qu’il faisait un geste
extraordinaire, je trouve cela honteux de la part du monde du football et de
son entourage. […]
Quand aujourd’hui je lis les
journaux, j’ai l’impression que l’on veut faire du cas Johan Micoud un exemple ;
mais n’est-il pas trop tard et surtout est-ce que le football et les médias ne
se trompent pas de cible ? J’ai l’impression d’assister à un procès en
cours d’assises où les médias seraient les procureurs ou même les juges
remontant dans le passé du joueur pour bien prouver sa culpabilité.
On veut des sanctions exemplaires ! C’est le procès d’ un meurtrier du
foot que l’ on veut ? […]
Une faute d’arbitrage le samedi
soir doit toujours alimenter les discussions du dimanche entre supporters et
que l’on en parle 2 ou 3 minutes dans les émissions spécialisées,
d’accord. Mais par contre qu’elle prenne autant de place et qu’elle fasse
écrire autant de lignes que des faits de société qui pourrissent encore
plus le monde du foot et notre vie au quotidien alors ça, je dis non.
Michel Bernadou, 33, Gradignan
Je voulais juste réagir à l’article « Il faut
sanctionner » avec Patrick Mignon, sociologue du sport à l’INSEP
(NDLR : article publié à la suite de la polémique concernant un penalty
imaginaire obtenu par le joueur bordelais Johan Micoud). “Quand on regarde
les images”, comme beaucoup disent, moi je ne vois pas de tricherie de
Johan Micoud. Mais plutôt une réaction de “ras-le-bol” d’un joueur
qui en a assez d’être sans cesse retenu par le maillot, gêné dans ses gestes
créatifs par un ou des joueurs qui n’ont pour objectif que de casser sa volonté
de créer.
Je pense que le débat pourrait s’élargir sur ce sujet : la tricherie est
souvent du côté des défenseurs qui tiennent les maillots, ceinturent les
attaquants pour les empêcher de jouer ou de sauter. Et je ne parle pas des
défenseurs qui font systématiquement obstruction en se plaçant entre l’attaquant
adverse et le ballon pour laisser ce dernier aller en sortie de but. C’est
entré dans les mœurs mais c’est quand même totalement contraire à l’esprit du
jeu.
Le nombre de ces petites fautes est hallucinant pendant un match de foot. Et
elles ne sont quasi jamais sanctionnées. C’est peut-être contre cette
complaisance des arbitres (et de tous) qu’il faudrait se retourner plutôt que
de se focaliser sur le geste de Johan Micoud.
Johan Micoud en a eu assez (tout comme Zidane avec son “coup de tête »).
Il n’a blessé personne et si son geste de révolte lui a permis de bénéficier d’un
penalty, finalement ce n’est que justice rendue.