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Refus du jeu social élémentaire

Jean-Marie Baurens, Valence-sur-Baïse (32)

 Le Conseil d’État refuse officiellement le droit à une femme entièrement voilée de devenir française au motif que cela est une négation de la dignité de la femme. Bien vu ! Mais il y a un aspect premier dans cette affaire. En effet, si le voile recouvre entièrement le visage, comment peut-on identifier la citoyenne ? Dès lors, il y aurait les citoyens avançant à visage découvert dans un Contrat Social volontaire et librement consenti. Et puis il y aurait celles et ceux (qui sait après tout ?) qui jouiraient du privilège d’évoluer en société dans une tenue qui leur garantisse l’incognito ; comme durant cette brève période exceptionnelle de transgression qu’est le carnaval. Et puis, peut-on affirmer que ce n’est pas Ben Laden lui-même qui se cacherait derrière ce voile dissimulateur ?

Ainsi, si un demandeur étranger refuse l’obligation administrative de décliner une identité vérifiable à tout moment, c’est alors de la triche eu égard aux autres de ses « concitoyens ». Dans ce cas il y a rupture de l’égalité républicaine.

Celles et ceux qui sont admis en France auront la chance d’évoluer dans un pays où les hommes et les femmes naissent libres et égaux, sinon en fait du moins en droit. Notamment le droit d’évoluer à l’air libre, de jouir de leur autonomie physique, intellectuelle et morale, prélude à un monde libre. L’enfermement ne peut être une accession à la nationalité.

Au-delà du féminisme basique invoqué, le Conseil d’État aurait dû relever que cette burka imposée est avant tout « un refus du jeu social élémentaire, incompatible avec l’esprit de notre constitution, obstinément au service de la civilisation ».

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