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Les risques du métier

HENRI MONNIER, Vendays-Montalivet (33)

            Mme Betancourt a été libérée après plus de six ans de captivité dans la jungle. C’est un heureux dénouement pour elle et ses enfants. Peu importe que les modalités de sa libération soient entourées de doutes quant aux tractations supposées, aux marchandages, rançon ou pas rançon ? Ce sont là des détails subalternes, comme aurait dit le général de Gaulle. L’essentiel est qu’elle soit libre et en bonne santé. A sa descente d’avion à Bogota, les premières paroles d’Ingrid Betancourt ont été : « Je remercie Dieu et la Sainte Vierge. » Si Ségolène Royal a contesté toute implication du président Sarkozy dans cette libération, en revanche elle n’a pas écarté la possibilité d’une « intervention divine ». Ainsi même pour une socialiste haut de gamme, la défense de la laïcité a ses limites…

            Les médias ont idéalisé le personnage d’Ingrid Betancourt qui est devenue « l’otage symbole ». Or elle n’est pas un otage lambda, une victime innocente qui se trouvait au mauvais endroit et au mauvais moment. Quand elle a été enlevée par les Farc, elle menait un dur combat politique et était candidate à l’élection présidentielle en Colombie. Elle connaissait donc « les risques du métier ». Ces risques qui ont entraîné les assassinats de John Kennedy en 1963, de son frère Robert en 1968, du président égyptien Anouar el-Sadate en 1981, du premier ministre suédois Olof Palme en 1986, du premier ministre israélien Yitzhak Rabin en 1965… etc. Mme Betancourt « revient de loin » et nous en sommes tous heureux pour elle. Mais les avions de la République n’ont pas vocation à porter secours et assistance à tous ceux qui se lancent dans un dangereux combat politique. Notre flotte aérienne n’y suffirait pas.

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